Le maître des illusions, de Donna TARTT

Publié le par Le Monde de Sylvie

Le maître des illusions, de Donna TARTT

RESUME

En décrochant une bourse à l'université de Hampden, dans le Vermont, Richard Papen ne laisse pas grand-chose derrière lui : la Californie, qui lui déplaît ; son adolescence, faite de souvenirs incolores ; et ses parents, avec qui il ne s'entend pas. Hampden est une porte de sortie inespérée, l'opportunité de vivre une nouvelle vie. Passées quelques semaines, il est bientôt attiré par un professeur atypique, Julian Morrow, esthète capricieux qui enseigne les lettres classiques à cinq étudiants apparemment très liés. Contre l'avis de ses professeurs, il tente de s'introduire dans le groupe de ces jeunes gens marginaux sur qui courent les plus folles rumeurs. Et il est loin d'imaginer ce que lui coûtera sa curiosité.

Mon Avis

Tous les ingrédients semblaient réunis (selon mes critères) pour faire de cette lecture un moment inoubliable… des meurtres, un groupe d’étudiants décadents sur un campus américain, un professeur de grec ancien aussi érudit que marginal mais aussi beaucoup de commentaires élogieux un peu partout qui avait piqué depuis longtemps ma curiosité…

Le maître des illusions, de Donna TARTT

Pourtant, j’ai déchanté très vite !

Que de longueurs, que de scènes inutiles et parfois répétitives, que de descriptions superflues, vraiment j’ai failli abandonner au bout de 300 pages, estimant que mon effort ne payait pas ; quand la lecture devient effort, ce n’est pas bon signe… pourtant, je me suis raccrochée à l’événement qui lance la seconde partie du récit pour finalement aller jusqu’au bout.

«La forêt était immobile comme la mort, plus sinistre que jamais, verte et noire, stagnante, assombrie par une odeur de pourriture et de boue. Il n'y avait pas de vent, pas un oiseau ne chantait, pas une feuille ne bougeait. Les fleurs de cornouiller étaient en suspens, blanches et surréelles, dans un ciel qui noircissait, figées dans la lourdeur de l'air.»

D’entrée de jeu, on découvre qu’un meurtre a été commis par ceux qui seront les héros de ce récit. Cet événement sera la conséquence d’un autre et tous les deux seront révélateurs des turpitudes d’un groupe d’étudiants privilégiés. Si l’un d’entre eux (Richard) ne fait pas partie de cette bourgeoisie estudiantine, il cherche néanmoins à s’intégrer au groupe et c’est plus dans ce souci d’intégration qu’il fera son choix d’études plutôt que par intérêt pour la discipline hellénique.

Le maître des illusions, de Donna TARTT

Parlons-en de cette matière le « grec ancien » et du fameux professeur. Franchement, j’attendais tout autre chose de ce personnage si largement évoqué dans le résumé… pourtant, il s’avère qu’il apparaît bien peu tout au long de ces 700 pages. Et pour cause ? L’activité principale de ce groupe d’étudiants n’est pas forcément d’étudier mais bel et bien de picoler et d’ingurgiter tout un tas de substances !! Le nombre de gueules de bois décrites est hallucinant et franchement, sans intérêt…

Les personnages sont assez déplaisants également… tant de passivité et de naïveté chez Richard, tant de suffisance chez Henry, tant d’agacement chez Bunny, et que dire du côté malsain entre les jumeaux… Hormis Richard, les quatre autres s’avèrent manipulateurs et condescendants envers les autres étudiants du campus. Attention, on ne se mélange pas et pour ne pas être compris, on parle en grec ancien… aussi improbable qu’invraisemblable (vu le peu de cours où ils assistent !!). Bref, on a du mal à y croire et encore plus à s’attacher à eux.

Le maître des illusions, de Donna TARTT

Bon clairement, j’avais hâte d’arriver au bout de ce pavé de 706 pages, dont la densité du texte et la rareté des actions ont rendu ma lecture laborieuse et décevante au final. Je ne désavoue pas tout cependant car la qualité d’écriture de l’auteure est indéniable. Seulement, j’attendais un roman fleuve avec des personnages emblématiques et inoubliables. Je n’ai trouvé que longueurs et redites et beaucoup d’irritation à l’accumulation de clichés éthyliques et immoraux.

 

« Encore aujourd'hui je me souviens de ses images comme de celles d'un livre de contes qu'on a aimé dans son enfance. Des prairies radieuses, des montagnes vaporeuses dans un lointain frémissant ; un épais tapis de feuilles sur une route dans les bourrasques de l'automne ; les grands feux et le brouillard dans les vallées ; des violoncelles, des fenêtres obscures, la neige. »

Publié dans Déceptions

Commenter cet article