L’œil était dans l'arbre… et regardait de drôles d'oiseaux, de Michel PICARD

Publié le par Livres Emois Livres et Vous

L’œil était dans l'arbre… et regardait de drôles d'oiseaux, de Michel PICARD

RESUME

Alors qu'il ensevelit un cadavre dans une caverne forestière de l'Ouest parisien, Adrien, presque dix-huit ans, ornithologue passionné, a bien du mal à se remettre du cataclysmique règlement de comptes familial auquel il vient de survivre, grâce à divers animaux : araignée et serpents venimeux, rhinocéros, hyène, perroquet et divers chiens qui, de leurs crocs, griffes, cornes ou dards, avaient eu des actions déterminantes, voire radicales, sur ceux qui, au lieu de les protéger, les exploitaient, ou pire, les martyrisaient…
La veille, sa mère, productrice d'une émission télévisée de défense des animaux, et son père, chirurgien esthétique, avaient été brutalement confrontés à un processus machiavélique d'investigation de leurs multiples perversités, commises depuis des dizaines d'années, après leur rencontre, quasi-initiatique, devant Le Cavalier de l'Apocalypse, un des Ecorchés de Fragonard, emblème du musée du même nom. Une autopsie à vif de la vie éminemment déviante de ses parents, menée par des inquisiteurs particulièrement vindicatifs…

Mon Avis

Voici un livre qui n’était pas du tout prévu dans mon programme. Suite à une sollicitation sur ce blog, les Editions L’Harmattan m’ont gentiment proposé ce livre afin que je leur rende mon avis dessus. Un grand MERCI à eux et voici donc comme prévu mon retour… 
Tout d’abord, ce qui m’a pas mal surprise, c’est le volume… 439 pages au compteur, mais un format très grand et une écriture petite qui, si on le transforme au format poche classique, donnerait bien le double de pages… 
Je ne sais pas si le terme « thriller familial » existe mais c’est ainsi que je qualifierais ce livre si je devais le mettre dans une « case ». D’entrée de jeu, le ton est étonnamment humoristique avec beaucoup de subtilités de langage. Cela surprend et ravit en même temps. D’autant que la galerie de personnages qui nous est présentée est haute en couleur ! Des personnages assez rocambolesques pour un thriller mais qui ici sont construits de façon très crédible. La mère est absolument détestable, le père écœurant… « les pauvres enfants » fut ma première réaction en ce début de lecture.
D’autant qu’au fil de l’histoire, on perçoit le côté terriblement malsain des relations entre les personnages. Aucun n’est épargné, à part peut-être Adrien, seul personnage attachant, quand bien même on le découvre alors qu’il enterre un cadavre… et oui, je vous ai dit que cette histoire n’est pas banale…
L’intrigue est multiple et les nombreuses ramifications de ce récit nous amènent, nous lecteurs, à soupçonner tout le monde. La fourberie sans limite de certains nous plonge dans un doute constant autour des valeurs de chacun… les plus grossièrement déviants sont-ils les pires ? 
Au-delà des règlements de compte familiaux, un thème assez peu courant est le fil conducteur de cette histoire. Il s’agit de la dénonciation de certaines pratiques professionnelles abjectes dans la sphère animalière. Là aussi, les découvertes ont été déconcertantes en ce qui me concerne… Ça fait vraiment froid dans le dos, et la révolte ne vous lâche pas du bouquin…
Il y a un aspect très théâtral assez jubilatoire dans de nombreuses scènes. On se croirait parfois dans un vaudeville d’horreur. Pourtant, c’est parfois dans ce découpage trop extrême des événements, que l’auteur m’a perdue. Quand bien même le rythme du récit est soutenu, le rythme vers la résolution de l'intrigue en est contrarié car le lecteur se retrouve enseveli sous une foultitude de détails qui « rallongent la sauce » et nous éloignent du dénouement. C’est ce qui m’est arrivé avec une certaine lassitude passée les 300 pages, je n’arrivais plus à maintenir mon attention vers une intrigue finalement trop étirée en longueur.
Ce que je retiendrai principalement de ce livre sera sans aucun doute la grande qualité d’écriture de Michel Picard et son imagination foisonnante ! Ce ton en décalage constant avec la noirceur de l’histoire apporte beaucoup d’originalité au récit. Une lecture qui est néanmoins exigeante car elle demande une attention forte au vue des dialogues et de la densité du texte regorgeant d’indices et de détails importants. 

Je réitère mes remerciements aux Editions L'Harmattan et plus particulièrement à Joanna avec qui j'étais en contact. Ce fut un plaisir !

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