Féroces, de Robert GOOLRICK

Publié le par Le Monde de Sylvie

RESUME

FérocesLes Goolrick étaient des princes. Et tout le monde voulait leur ressembler. C'étaient les années 50, les femmes se faisaient des coiffures sophistiquées, elles portaient des robes de taffetas ou de soie, des gants et des chapeaux, et elles avaient de l'esprit. Les hommes préparaient des cocktails, des Gimlet, des Manhattan, des Gibson, des Singapore Ming, c'était la seule chose qu'ils prenaient au sérieux. Dans cette petite ville de Virginie, on avait vraiment de la classe, d'ailleurs on trouvait son style en lisant le New Yorker. Chez les Goolrick, il y avait trois enfants, tous brillants. Et une seule loi: on ne parle jamais à l'extérieur de ce qui se passe à la maison. À la maison, il y avait des secrets. Les Goolrick étaient féroces.

 

Mon Avis

A la lecture de ce roman autobiographique, je me suis longtemps demandée ce qui avait valu son titre à ce livre. Si une cruauté psychologique latente est perceptible tout au long du récit, le summum de l’abject arrive à la page 191/250… et là, je ne vous cacherai pas que la douleur est intense et la lecture extrêmement difficile. On sort totalement bouleversé de cette histoire…

Alors que c’est au cœur de la famille que chaque enfant se construit en toute sécurité et en toute innocence, ici, on retrouve une cellule familiale bâtie sur les faux-semblants, où l’alcool coule à flot et où le harcèlement psychologique et la rancœur vont pousser à l’autodestruction. Car il faut sauver les apparences coûte que coûte, quitte à sacrifier l’enfance de l’un des membres de cette famille, pourtant si politiquement correcte. Elle cache tant de laideur et de perversité cette famille que je n’ose imaginer le sentiment d’abandon et de solitude qui a dû habiter l’auteur… et que cela a dû être difficile d’arriver à une telle introspection !

Malgré le mépris et le désamour de ses parents, l’enfant ne cessera jamais sa quête d’amour et d’affection vis-à-vis d’eux, mais l’adulte prendra conscience grâce à cette auto-analyse de la profonde haine qu’il avait envers son père.

C’est un roman témoignage terrible, pour lequel il est difficile de dire « j’ai aimé ce livre »… non, je ne peux pas vraiment le dire car j’aurais aimé que ce livre n’existât pas, et que ce drame sordide n’ait pas eu lieu… mais, il n’en reste pas moins que ce récit doit être lu et diffusé pour que des prises de conscience se fassent chez les tortionnaires ou ceux qui sont tentés de commettre l’irréparable.

 

Pour ce qui est de la construction du récit, je l’ai trouvé assez décousue et perturbante (à l’image de l’esprit perturbé de l’auteur) car on avance et on recule dans le temps, ce qui ne donne pas toujours une bonne lisibilité sur les événements et crée de la confusion. 

Publié dans J'ai beaucoup aimé

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Malika 19/09/2013 20:35

Lecture très difficile pour moi, je n'ai d'ailleurs pas pu lire certains passages, mais oui un très beau roman malgré l'horreur du récit.

Le Monde de Sylvie 20/09/2013 22:46



Je comprends mieux ta chronique désormais, et c'est vrai que la lecture de certains passages est plus que délicate...



florence 18/09/2013 16:59

J'ai un peu de retard dans mes commentaires ! Je dois moi aussi lire Féroces, mais je crois que j'appréhende de découvrir son univers. Par contre, j'avais adoré de cet auteur "Une femme simple et
honnête". (histoire très tourmentée aussi)

Le Monde de Sylvie 18/09/2013 18:58



Une lecture difficile, j'ai vu que certaines ont dû faire des impasses sur les détails et ça se comprend...