Né d'aucune femme, de Franck BOUYSSE

Publié le par Livres Emois Livres et Vous

Né d'aucune femme, de Franck BOUYSSE
RESUME

"Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile.
— Et alors, qu'y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je.
— Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés.
— De quoi parlez-vous ?
— Les cahiers… Ceux de Rose."
Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.

Mon Avis

Comme à son habitude, Franck Bouysse nous livre une histoire sans repère temporel ni géographique. L’histoire se déroule dans un passé où confort, commodité et transport étaient rudimentaires, un passé où les privilèges et la puissance des uns contrastaient avec le dénuement et la faiblesse des autres. Avec cette histoire, l’auteur pose un univers de conte avec les gentils pauvres et les vilains riches… d’emblée, cela m’est apparu un peu trop stéréotypé et trop manichéen. Ce fut le premier bémol !
Si je suis plutôt adepte de la plume de Franck Bouysse d’habitude, cette fois-ci, elle m’a perturbée dans ma lecture. Certes, elle est sensorielle et souvent poétique mais les dialogues dans la narration, ça ne passe pas, les bascules de personnages d’un paragraphe à l’autre, c’est déconcertant… j’y ai vu aussi trop d’effets de style, une surdose de métaphores qui alourdissent et embourbent la narration. Second bémol !
Mais, revenons à l’histoire… Elle sombre très vite dans le sordide et le misérabilisme. Rose, une jeune fille de 14 ans est vendue par son père et se retrouve aux mains d’un homme et d’une femme d’une cruauté infinie… Les scènes sont glauques, difficilement soutenables parfois. De ce côté-là, pas de surprise, je savais que le récit serait noir et pénible. Après tout, il est certainement le reflet de multiples situations similaires qui se sont déroulées dans les temps passés (et sans doute encore aujourd’hui). De ce point de vue, l’histoire tient la route. Par contre, il y a un twist qui m’a laissé perplexe d’incrédulité… omission, déni, amnésie ? De même, la chute est à mon sens bien trop facile et pour le moins accommodante… Une fin fort décevante, troisième bémol.
Bref, tout ceci cumulé est un frein à la fluidité et à la cohérence du récit. Alors, au risque de l’aller à l’encontre d’une grande majorité des avis sur ce livre, ce roman est une assez grande déception. Pourtant, je vous recommande quand même sa lecture car c’est un auteur en devenir qui mérite vraiment qu’on s’y attarde. Je crois que cette fois, c’est avant tout le style et les longueurs qui m’ont dérangée… une narration plus incisive aurait sans doute réussi à mieux me captiver. Et oui parfois, trop de style, tue le style !!
Son dernier roman, "Buveurs de vent", était une des grandes attentes de la rentrée littéraire 2020. Je l’ai lu dans la foulée et je vous donne très vite mes impressions dessus…

Infos Auteur
Né d'aucune femme, de Franck BOUYSSE

Franck Bouysse, né le 5 septembre 1965 à Brive-la-Gaillarde, est un écrivain français, auteur de nombreux romans mélodramatiques et policiers.
Il grandit à Troche, près de Brive, où ses parents ont fait construire une maison près de la ferme de sa grand-mère. Son père est ingénieur agronome, et sa mère, institutrice.
Après des études de biologie, il s’installe à Limoges pour enseigner. Professeur dans un lycée technique, il se lance en 2004 dans l'écriture avec la publication du roman, "La paix du désespoir", dans lequel il s'attache déjà à la psychologie de ses personnages. Il récidive quelques années plus tard, en 2007, avec son premier roman noir "L'entomologiste" qui est publié chez un éditeur limougeaud Lucien Souny. Dès 2008, paraît "Le Mystère H.", chez Les Ardents Éditeurs, jeune maison d'éditions de Limoges. Avec ce titre, il entame une trilogie avec un "roman d'aventure qui revisite les grands mythes des romans noirs autour de la figure énigmatique du personnage de H.". L'intrigue se situe à la fois dans les villes de Limoges et... à Londres, où se déroule plus précisément le second opus paru en mars 2010, "Londres ou les ruelles sans étoiles". 
En 2013, il déniche une maison en Corrèze, à quelques kilomètres des lieux de son enfance. Il achète la maison qu’il passera plus d’une année à restaurer. Un projet romanesque d’ampleur prend forme dans son esprit. "Grossir le ciel" paraît en 2014 à La Manufacture de livres et, porté par les libraires, connaît un beau succès. La renommée de ce roman va grandissant : les prix littéraires s’accumulent, notamment le Prix Polar Michel-Lebrun 2015, le Prix Polars Pourpres 2015 et le Prix SNCF du polar 2017. Au total, près de 100 000 exemplaires seront vendus.
Suivront "Plateau" (2015, Prix Chapel 2016 et Prix des lecteurs de la ville de Brive 2016), puis "Glaise" (2017), dont les succès confirment l’engouement des lecteurs et des professionnels pour cette œuvre singulière et puissante.
Il a reçu le prix Babelio de Littérature française 2019 pour "Né d'aucune femme" (La Manufacture de livres), Grand Prix des lectrices Elle - Policiers - 2019.
En 2020, il publie "Buveurs de vent".

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