Betty, de Tiffany MCDANIEL

Publié le par Livres Emois Livres et Vous

Betty, de Tiffany MCDANIEL
RESUME

La Petite Indienne, c’est Betty Carpenter, née dans une baignoire, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee. Lorsque les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, après des années d’errance, le paysage luxuriant de l’Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et sœurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture : elle confie sa douleur à des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des années. Pour qu’un jour, toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler.

Mon Avis

Difficile de passer à côté de ce roman tant plébiscité depuis la rentrée de septembre ! Je n’ai pas longtemps résisté et me faisais une joie de découvrir ce que beaucoup ont appelé « le phénomène littéraire » de la rentrée 2020.
Je ne ressors malheureusement pas convaincue par cette lecture tant j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. Que de longueurs dans la narration, des descriptions infinies (aucune surprise de ce côté puisqu’aux éditions Gallmeister, le nature-writing est comme un totem), une omniprésence des contes et légendes indiennes, bref tout un contenu qui, pour la lectrice que je suis, ne sont pas forcément ce que je recherche. Car il faut une histoire avant tout pour me captiver, et ici, j’ai eu le sentiment de la voir passer en second plan.
Dans ce roman, nous suivons la famille Carpenter sur plusieurs décennies au milieu du 20ème siècle. Betty, sixième enfant d’une fratrie de huit, est née d’une mère blanche et d’un père Cherokee. Sa peau plus foncée que les autres, lui vaudra une mise à l’écart non seulement à l’école mais aussi au sein de sa famille. Mais grâce à son père, qui selon moi est le véritable héros de cette histoire, elle va trouver la force et le courage d’affronter le désamour de sa mère, le rejet de ses camarades et l’inacceptable attitude du corps enseignant. Ce père, Landon, est sans aucun doute le personnage qui m’a le plus séduite dans cette histoire ; une figure paternelle extraordinaire auprès de chacun de ses enfants, toujours bienveillant, à l’écoute et compréhensif, une personnalité tendre et douce qui vit en symbiose avec la nature et dont la simplicité et le bon sens guident les actions. La grande complicité qu’il entretient avec sa fille Betty sera le ciment qui construira sa personnalité et lui apportera ses valeurs d’adulte. Cette volonté de transmettre la fierté de ses origines, de lui offrir l’héritage des générations passées à travers des messages forts et terriblement justes sont remarquables et particulièrement touchants tout au long de cette histoire.
Au fil des années, nous allons assister aux drames et aux épreuves que vivra cette famille marginalisée. Si l’on ne peut évidemment pas rester indifférent, je n’irais pas jusqu’à dire que c’est fort en émotion. Enfin, cela n’est pas tout à fait vrai puisque l’étincelle émotionnelle s’est brusquement allumé 150 pages avant la fin ; une fin qui, je dois admettre, est juste magistrale et m’a laissé sur une impression très positive. 
On ne peut clairement pas rester insensible à la touche finale de cette histoire mais pour autant, elle révèle l’inconstance et l’irrégularité du roman. La fin ne peut pas tout rattraper et je n’oublie pas que les 500 premières pages m’ont semblé interminables. Si je n’ai pas abandonné, c’est bien parce que je voulais absolument aller au bout de ce roman si plébiscité afin de me forger un avis complet. C’est chose faite désormais. Me restera de ce roman la personnalité lumineuse du père, une écriture plaisante mais loin de l’aura poétique souvent vantée et un rythme bien trop lent pour me captiver…
 

Betty, de Tiffany MCDANIELBetty, de Tiffany MCDANIEL
Infos Auteure

 

Betty, de Tiffany MCDANIEL

Tiffany McDaniel vit à Circleville dans l'Ohio, état où elle est née en 1985 et a grandi. Auteure autodidacte sans formation artistique universitaire particulière, inspirée par les livres de Shirley Jackson et Flannery O'Connor, elle écrit de nombreux textes non publiés avant que son premier roman, « L'Été où tout a fondu », soit finalement accepté par un éditeur.
Particulièrement remarqué par la critique lors de sa parution en français, son deuxième roman « Betty »– qui s'attache à décrire la vie difficile d'une métisse indienne dans les années 1950/60 dans une ville fictionnelle du Sud de l'Ohio en Amérique – reçoit le prix du roman Fnac 2020.

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