Le goût du bonheur - Adélaïde, de Marie LABERGE

Publié le par Livres Emois Livres et Vous

Le goût du bonheur - Adélaïde, de Marie LABERGE
RESUME

La mort accidentelle de Gabrielle, âme de la tribu, bouleverse les Miller. Les étés immuables sur l’île québécoise d’Orléans sont à jamais perdus. La guerre et les réquisitions ont dispersé la plupart des hommes. Et le destin s’acharne sur Adélaïde, désormais épouse du brillant Nicholas McNally sans cesse menacé par la démence de sa propre sœur. Adélaïde, elle, reste droite malgré tous les déchirements qui l’assaillent. Si la jeune femme conserve le goût du bonheur en pleine tragédie, c’est à Florent qu’elle le doit, cet ami de toujours dont la tendresse défie les années. Pour combien de temps encore ?

Mon Avis

Retrouver les personnages de cette saga a été un pur bonheur… J’avais des inquiétudes sur la possible perte d’intérêt pour l’histoire du fait des événements du tome 1 mais aussi à cause du volume (950 pages !). Il n’en a rien été, bien au contraire…
L’histoire reste captivante de bout en bout, aucune longueur, une densité dans les événements, des personnages toujours plus attachants (ou détestables !), le tout servi par une écriture absolument merveilleuse.
L’atout majeur de cette saga reste les personnages. Gabrielle, que j’avais tellement aimée, laisse la place à Adélaïde, que j’ai adorée…
L’histoire de cette famille suit la grande Histoire. Jamais on n’a le sentiment de redite ou de creux tant le renouvellement est constant. L’auteur se sert de la grande Histoire pour alimenter les tribulations familiales et développe de nombreuses réflexions très avant-gardistes pour la période concernée. Le féminisme est omniprésent avec des remises en questions sur la position des femmes dans cette société canadienne privée de ces hommes partis à la guerre. La condition des hommes aussi est traité ; on y apprend notamment comment l’état canadien organisait un véritable chantage auprès des hommes en âge de partir à la guerre. Comme l’état ne veut officiellement pas instaurer la conscription, il organise le licenciement des hommes et empêche par voie administrative leur réemploi… Privé de revenus, dans l’incapacité de subvenir à leur famille, ils n’ont d’autres choix que de s’enrôler… 
C’est une société québécoise meurtrie qui est passée au crible sous la plume de Marie Laberge : les affres de la seconde guerre mondiale affectent les familles même si, bien sûr, c’est une guerre qu’ils vivent à distance, les rivalités latentes  entre francophones et anglophones sont largement perceptibles, le dictat religieux tient d’une main de fer les populations, telle une chape de plomb qui emprisonne certains personnages, laissant leurs vies s’embourber dans un véritable gâchis…
J’avais eu un coup de cœur pour le 1er tome mais je crois bien que celui-ci m’a encore plus emballé. Il restera MA meilleure lecture de 2020. Le 3ème tome m’attend et je ne tarderai pas à l’attaquer car l’auteure, cette fois encore, nous laisse complètement sonné par une fin tonitruante. Je vous reparle de cette saga très bientôt donc !

Infos Auteure
Le goût du bonheur - Adélaïde, de Marie LABERGE

Née le 29 novembre 1950 à Québec, Marie Laberge est une dramaturge, romancière, comédienne et metteur en scène québécoise.
Marie Laberge étudie chez les Jésuites puis suit des leçons de danse. Etudiante en journalisme à l'Université Laval; elle participe aux activités de la troupe des Treize en 1970 et délaisse alors le journalisme pour entrer au Conservatoire d'art dramatique de Québec.
Elle exerce son métier de comédienne à Québec avant d'aborder la mise en scène et l'enseignement en art dramatique. Elle consacre par la suite la majeure partie de son temps à l'écriture dramatique. Elle a écrit plus d'une vingtaine de pièces de théâtre, toutes produites sur scène. Scénariste pour divers cinéastes, elle a été l'administratrice du Théâtre du Trident (1977-1980) et du CEAD (1978-1981), dont elle a été la présidente de 1987 à 1989; elle a aussi été membre du comité organisateur des États généraux du théâtre professionnel au Québec.
Marie Laberge a obtenu, en 1981, le deuxième prix, catégorie court métrage, de la Communauté radiophonique des programmes de langue française pour « Éva et Évelyne » et le Prix du Gouverneur général du Canada pour « C'était avant la guerre à l'Anse à Gilles ». « L'Homme gris », lui a valu la croix de Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres (France) en 1989.
Cette même année, elle publiait son premier roman « Juillet » suivi, en 1992, de « Quelques adieux » qui lui a valu le Prix des lectrices de Elle-Québec. Pour son roman « Annabelle », elle a obtenu le Prix des Libraires du Québec en 1996 et le Prix Ludger-Duvernay en 1997. Son roman « La Cérémonie des anges » a également remporté le Prix des Libraires du Québec 1999 et le Prix du public du Salon du livre de Trois-Rivières. La trilogie « Le goût du bonheur » est récompensée par le Prix du public du Salon du livre de Montréal en 2001. Marie Laberge est membre de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois.
En 2006, elle écrit une chanson pour Céline Dion intitulée « Le temps qui compte », mise en musique par Jacques Veneruso. Cette chanson parait sur l'album D'Elles, sorti le 21 mai 2007.
Depuis 2009, Marie Laberge publie un roman épistolaire « Les lettres de Martha », une correspondance qu'elle entretient personnellement 26 fois l'an avec ses lectrices et lecteurs inscrits.

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