Un printemps à Tchernobyl, d'Emmanuel LEPAGE

Publié le par Livres Emois Livres et Vous

Un printemps à Tchernobyl, d'Emmanuel LEPAGE
Résumé

22 ans après la plus grande catastrophe nucléaire du XXe siècle, Emmanuel Lepage se rend à Tchernobyl en 2008, par le biais de l’association Les Dessin’acteurs pour rendre compte, par le texte et le dessin, de la vie des survivants et de leurs enfants sur des terres hautement contaminées. Quand il décide de partir là-bas, Emmanuel Lepage a le sentiment de défier la mort et à l’approche de la zone interdite, une question taraude son esprit : que suis-je venir faire ici ? Il sait qu’il a besoin de se confronter au désastre, de voir, de comprendre. Cette expérience unique entre en résonance avec ses propres questionnements sur le dessin, sur sa capacité à dessiner et sa nécessité vitale: être au monde par le dessin.

Mon Avis

Tchernobyl à travers le dessin… une force d’attraction intacte pour ce sujet si anxiogène qui aura poussé l'auteur de cet album à se rendre sur place malgré les risques persistants sur cette zone contaminée. 
Car il faut encore essayer de comprendre, il faut montrer l’état de la zone deux décennies plus tard (l’album n’est pas une nouveauté, il date de 2008). Ainsi, avec étonnement, l'auteur et ses comparses de voyage découvrent que la nature a repris ses droits dans ces zones abandonnées, ce qui donne lieu à des planches lumineuses et chatoyantes de couleurs.

Un contraste avec le bitume et le minéral des villes abandonnées, là où le végétal règne, la renaissance se fait naturellement, au fil des saisons...
Pourtant, il ne faut pas se méprendre. La menace invisible est bien là, et aussi attractive que peut être la nature, il faut garder la distance, ne pas y toucher, ni même ramasser le crayon qui tombe. 
Malgré cela, aux confins de la zone interdite, des habitants ont fait le choix de revenir. Quelle angoisse de se dire que malgré leurs rires, leur chaleur dans l’accueil, leur envie de redonner vie à ces lieux, leur vie ne tient qu’à un fil, la maladie rôde… D’où cette ambiance tendue qui ressort des dessins et du texte, une angoisse lancinante qui vous accompagne du début à la fin de cette BD. 
Ce qui reste néanmoins de ce témoignage graphique, c’est que la vie reprend, l’espoir renaît par la force et la témérité de certains hommes… ou peut-être leur inconscience qui sait ? 

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