Les roses fauves, de Carole MARTINEZ

Publié le par Livres Emois Livres et Vous

Les roses fauves, de Carole MARTINEZ
RESUME
 

« Peu après la sortie de mon premier roman, Le coeur cousu, une lectrice m'a raconté une coutume espagnole dont j'ignorais l'existence : dans la sierra andalouse où étaient nées ses aïeules, quand une femme sentait la mort venir, elle brodait un coussin en forme de coeur qu'elle bourrait de bouts de papier sur lesquels étaient écrits ses secrets. À sa mort, sa fille aînée en héritait avec l'interdiction absolue de l'ouvrir. J'ai métamorphosé cette lectrice en personnage ». Lola vit seule au-dessus du bureau de poste où elle travaille, elle se dit comblée par son jardin. Dans son portefeuille, on ne trouve que des photos de ses fleurs et, dans sa chambre, trône une armoire de noces pleine des cœurs en tissu des femmes de sa lignée espagnole. Lola se demande si elle est faite de l'histoire familiale que ces cœurs interdits contiennent et dont elle ne sait rien.

Mon Avis

Un roman qui prend sa source dans le tout premier roman de Carole Martinez « Le cœur cousu », roman qui fut un véritable coup de cœur lorsque je l’ai lu à l’époque.
Dans celui-ci, on y retrouve ce qui fait le charme de cette auteure à savoir une plume des plus poétiques avec des histoires entre conte et réalité. Le charme a pourtant moins bien opéré cette fois, malgré une première partie prometteuse autour de la tradition des cœurs cousus.
Secrets de femmes à jamais enfouis, qui, trois générations plus tard viennent à être révélés. Des révélations qui viendront interroger la descendance et provoquer une remise en question profonde. Si l’entame est passionnante avec ses aspects romanesques et poétiques à la fois, une certaine confusion s’est progressivement installée dans la seconde partie et a commencé à me perdre. Des histoires d’hier et d’aujourd’hui, frôlant souvent le fantastique et le merveilleux se sont greffées, et ont, au fil des pages, créé un certain éparpillement qui m'a empêchée de rentrer dans certains univers. S'est rajoutée à cela l’introduction d’une partie d’auto-fiction peu convaincante autour de la genèse compliquée du roman.

Cette tournure prise par le roman m’a paru en décalage avec les enjeux romanesques du livre. J’en attendais encore des secrets des aïeules espagnoles, j’aurais aimé aller au bout des révélations mais l’auteure a finalement accordé moins d’importance à ces cœurs cousus que j’en attendais.
Reste néanmoins la qualité d’écriture et l’imagination fertile de cette auteure qui sont toujours un régal à la lecture. 

Info Auteure

Née le 10 novembre 1966 à Créhange, Carole Martinez est une romancière française. "Le cœur cousu" est son premier roman, il lui a valu à Saint-Malo en 2007 le troisième prix Ouest-France Étonnants Voyageurs. Le souffle lyrique et la force poétique de ce premier roman aux allures de conte ont séduit les dix jeunes jurés.
En 2011, elle publie "Du domaine des murmures" qui remporte un succès critique et public, il est récompensé par le Goncourt des lycéens. Son récit prend vie au Moyen-Âge en Franche-Comté, au sein du château de Hautepierre aussi l'ouvrage reçoit en 2012 le prix Marcel Aymé décerné par le conseil régional de Franche-comté.
En 2015, elle publie "La Terre qui penche" dont l'action se déroule à nouveau au domaine des Murmures mais cette fois en 1361.
Depuis 2014, elle écrit les scénarios de la bande dessinée "Bouche d'Ombre", avec Maud Begon aux dessins.
En 2017, elle publie une bande dessinée qui revisite l'histoire de "La Belle et la Bête" en collaboration avec Violaine Leroy.
En 2020, elle publie chez Gallimard « Les roses fauves ».

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