Ce qui restera de nous, de Mark GARTSIDE

Publié le par Le Monde de Sylvie

RESUME

ce-qui-restera-de-nousWarrington, nord de l'Angleterre, entre 1980 et 2010. Père célibataire depuis la mort, 15 ans plus tôt, de Charlotte, l'amour de sa vie, Graham se débat dans les affres de la paternité face à son adolescent de fils, Michael, dont il ne comprend ni les codes ni les provocations. Dans les années 80, il a lui-même été un adolescent en rébellion contre ses parents, mais lorsque Michael tombe amoureux d'une adolescente des quartiers populaires et se retrouve confronté à la violence urbaine et aux clivages sociaux, Graham réalise qu'il ne sait pas comment réagir dans ce nouveau monde et le fossé entre les deux générations semble de plus en plus infranchissable. Jusqu'au jour où Michael se fait tabasser par de jeunes voyous désœuvrés et tombe dans le coma. Derrière le drame, c'est une seconde chance qui est offerte à Graham de se rapprocher de son fils mais aussi de laisser s'échapper le fantôme de Charlotte.

Mon Avis

Lecture pour les Top Lecteurs 2014 de France Loisirs1184987 10153176547525696 2088910489 n

Roman très agréable et facile à lire. J'ai beaucoup apprécié sa construction alternant le présent et le passé qui rend tout à fait pertinente la mise en parallèle de la société des années 80 et d'aujourd'hui, mais aussi les relations pères / fils d'une génération à l'autre. Beaucoup de tendresse et d'émotion au fil des chapitres, quelques moments drôles, d'autres plus sombres, mais toujours dans un style fluide et dynamique qui ne laisse aucun temps mort.

Les relations pères/fils tiennent une place particulière dans ce livre. J'ai craint que l'histoire d'amour un peu stéréotypée prenne trop de place mais finalement, l'auteur a habilement su se sortir du cliché. Graham dont le père avait une perception ultra politisés des relations humaines, n'a pas connu l'affection concrète de son père, même si ce dernier montrera tout au long de sa vie, un grand amour pour son fils unique, mais un amour à sa façon. Lorsque Graham rencontre Charlotte et sa famille d'un milieu social nettement plus favorisé, les barrières tombent et ce sont d'autres valeurs qu'il va découvrir ; des valeurs d'ouverture d'esprit, de confiance, et d'encouragement. Partagé entre l'amour filiale et les transformations de la société et la nécessité d'évoluer, de se construire et plus tard de se reconstruire, Graham est un père résolument humain et bien loin du super-héros. Homme faillible avant tout, mais dont l'amour pour son fils surpasse toute les faiblesses, Graham est un homme attendrissant et crédible.

Les contextes socio-économiques des deux périodes évoquées sont très intéressants. Que ce soit pour la période des années 80 ou pour la période actuelle, la chronique sociale est riche et la critique acerbe sur les politiques. Celle qui prend le plus cher c'est bien entendu Margaret Thatcher mais Tony Blair, indigne héritier aux yeux du père, n'en est pas moins épargné. Graham va faire des choix liés à l'évolution et la transformation du pays, ce qui sera perçu par son père comme une haute trahison. Au final, l'impact du contexte sur les relations est très important, voire déterminant.

Sans être un chef d'œuvre, ce livre n'en est pas moins un vrai plaisir de lecture - et c'est bien là ce que j'attends avant tout d'un livre, prendre plaisir à sa lecture. Si quelques clichés viennent un peu banaliser l'histoire, les réflexions qui s'en dégagent sont multiples : la chronique sociale, l'amour, la famille, le deuil, les idéaux perdus... Par contre, mention passable à la couverture qui n'est pas franchement des plus attirantes...

 

 

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F
L'histoire ne m'inspire pas plus que çà (non pas à cause de ta critique qui est super bien détaillée !) Toi, tu n'as pas vraiment aimé la couverture et moi c'est le titre qui me choque ! : il y a<br /> une grosse faute d'orthographe : "ce QU'IL restera de nous" et non "ce QUI restera de nous". Si tu pouvais le signaler à FRANCE LOISIRS. Je trouve que çà ne fait pas très sérieux, ni littéraire...<br /> De grosses bises pour Pâques.
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L
<br /> <br /> Je me suis aussi posée la question du titre car j'aurais dis comme toi aussi. Apparemment, les deux s'utilisent indifféremment, et cette formulation est plutôt structurée comme un sujet (pour<br /> lequel on attendrait une suite avec un verbe), l'autre formulation est plus impersonnelle. En tout état de cause, la lecture est sympa, mais je suis sûre que de bien meilleurs récits<br /> t'attendent... Bises<br /> <br /> <br /> <br />