Le Retour du Professeur de Danse, de Henning MANKELL

Publié le par Le Monde de Sylvie

RESUME :Le retour du professeur de danse

Le jeune policier Stefan Lindman est sous le choc : il vient d'apprendre qu'il a un cancer, et que son ancien collègue Herbert Molin a été torturé à mort. Pour tromper son angoisse, il part à l'autre bout de la Suède enquêter sur le meurtre de Molin. Que signifient les traces sanglantes sur le parquet, comme si le tueur avait dansé un tango avec le corps de la victime ? Les ombres d'un passé très noir se réveillent. Elles ont frappé, et vont frapper encore. Mais Stefan n'a plus rien à perdre ...

 

Mon Avis :

Encore une fois, Henning Mankell nous entraîne dans une intrigue savamment menée. Tout y est ! Des personnages extrêmement affinés, un fond historique passionnant et déconcertant, des rebondissements brillamment  orchestrés, vraiment du grand Mankell. 

Dans cette histoire, pas de Wallender, mais un enquêteur tout aussi attachant, Lindman. Ce dernier vient de découvrir qu'il a un cancer, et pour lui, tout s'écroule. Il apprend parallèlement le décès par assassinat, d'un ancien collègue à lui, et il va se jeter à corps perdu dans cette enquête, tel un exutoire à cette satanée maladie. Comme d'habitude, Mankell se montre fin psychologue et créé des personnages (et pas que le héros) extrêmement consistants. Pour ce qui est de l'intrigue, elle est basée sur la période noire du nazisme. L'auteur fait ici une dénonciation en règle de la collaboration avérée mais quelque peu oubliée, de la Suède avec le régime nazi. La neutralité communément reconnue et même enseignée dans ce pays, est ici balayée d'un revers de bras par un Mankell clairvoyant et lucide. Un petit rappel à l'histoire pour mieux en dénoncer les répercussions actuelles sans doute...

L'enquête est quant à elle très riche en événements et en rebondissements. Ce polar bénéficie en outre du talent de Mankell à décrire les lieux de l'action, on s'y croirait presque ! Une particularité qui m'a un peu surprise dans les dialogues entre les personnages, est que même lorsque les protagonistes ne se connaissent pas, ils se tutoient... Cela rend les relations un peu étranges et déstabilise quelque peu. 

Enfin, en parallèle au fond historique et à l'intrigue, le thème de la maladie est traité de façon très réaliste. Le lecteur est sans arrêt confronté (parfois avec agacement) aux états d'âme de Lindman, à ces doutes, ses hésitations et à des réactions parfois peu logiques... La peur de la mort menant souvent à faire perdre toute cohérence et toute rationalité...

En conclusion, un grand Mankell que je recommande vivement... Merci Pascale pour ce prêt judicieux !

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